Elle marchait, lentement, au milieu de la rue principale de la ville. Il n’y avait pas un son, ni même âme qui vive. L’horloge numérique, sur la devanture d’une pharmacie, indiquait 15 heures 38, et le Soleil inondait de lumière cette ville si calme, trop calme.
Et d’abord, que faisait-elle là ? A cette heure ? Elle habitait Bourgorv, mais, que faisait-elle à cette heure-ci en pleine rue ? Pas de travail aujourd’hui ? La brise forcit légèrement, et releva un peu sa légère robe en coton aux teintes grisâtre. Qui la rendait si appétissante, et qu’elle aimait beaucoup (souvenir d’un temps passé…), mais elle ne la mettait qu’en de rare occasion.
Elle n’arrivait pas à savoir ce qu’elle faisait là… ni surtout, pourquoi les rues et les magasins devant lesquelles elle passait étaient si vides. Il n’y avait pas un bruit, ni même un oiseau dans le ciel, comme des pigeons par exemple, eux qui étaient des familiers de la rue. Les boutiques étaient ouvertes, les lumières et les néons étaient tous allumés, comme à l’accoutumée, des voitures étaient garés de-ci de-là… mais pas la moindre présence humaine, vivante, à part elle, dans sa robe la plus sexy, déambulant en plein milieu de la rue, sans même savoir pourquoi.
C’était comme si toute la population, humaine, mais aussi animale, avait tout simplement disparue, d’un coup, comme par magie. Et Lorelei continuait à « se promener », nonchalamment, son parfum embaumant l’air ambiant, qui avait, quand même, un léger arrière-goût de désolation, voire… de mort.
Est-ce un cauchemar? Que se passe-t-il ? Dort-elle, confortablement lové dans ses doux draps, après une nuit trop arrosée? Fait-elle un « bad trip » ? Ou, a-t-elle sombré, définitivement cette fois, dans la folie la plus profonde. Elle n’en sait rien du tout, Lorelei n’a aucune explication à tout ceci.
Soudain, levant les yeux, comme sous la volonté de quelqu’un d’autre, elle fixa l’horizon, loin au-dessus des immeubles de la ville, et elle aperçut… un symptomatique nuage. Un champignon.
La marque, reconnaissable entre toutes, d’une explosion nucléaire. Bientôt, elle serait happée, soufflée par l’incroyable puissance destructrice de cette infernale déflagration, qui ravagerait tout sur son passage.
Même Lorelei, malgré sa jolie robe sexy, déambulant dans cette rue qui, dans quelques instants, disparaîtrait à jamais et lui servirait de tombeau. Elle s’apprêtait à disparaître.
« Lorelei, réveilles-toi, c’est l’heure dit aller » entendit-elle, au loin.
written by ANDRE Ani
Le cœur bouge encore
Il bout et s’étourdit
Alors que l’autre est partit
Que tout est finit
Comme un poisson sur terre
Il tremble et se débat
Sursaute mais s’épuise
Jusqu’à son dernier souffle
Et son esprit regarde
Cet organe de malheur
Qui n’provoque que des pleurs
Qui s’égosille puis meurt
Après avoir contaminé
Jusqu’au dernier recoin de ta pensée
De tes douces idées
Qui l’on amené
A se faire éclater
Et à noircir la vie
De toutes tes pensées.
written by ANDRE Ani
Je m’attache beaucoup
Aux objets
Je pense
Qu’ils ont une vie
Et qu’elle nous suit
Notre stylo,
Ou notre montre,
Notre briquet
Nous accompagnent
Au fil du temps
Et se transforment
Ils font partie
De nous
Leur âme se dévoile
Au fil du temps
Ils nous connaissent
Nous les reconnaissons
Ils sont à nous
Tout comme
Nous sommes à eux.
written by ANDRE Ani
Il fait nuit. Il fait noir. L’air est frais, très sec, et le vent mordant, souffle fort, il a l’air presque déchaîné, comme pour décourager les imprudents qui oseraient s’aventurer par ces tristes chemins. J’ai vraiment froid, mes doigts sont blancs, le sang n’y circule que très mal à cause de cette si basse température.
La lune, presque pleine, éclaire de sa sordide lumière pâle, laiteuse, un ciel sans nuage et une terre sans vie. Les étoiles sont à peine visibles, quelques unes brillent un peu plus fort et ressortent de ce ciel si étonnement sombre. Il n’y a pas un bruit, à part, bien sur, celui du vent qui se déchaîne de plus en plus parmi les branches des quelques arbres environnant. Cela en devient presque effrayant.
La large grille en fer forgé, à l’entrée, est rongée par le temps, décrépite et incolore. On a l’impression qu’elle pourrait s’effondrer à tout moment, mais, malgré la tempête, elle tient toujours bon. L’allée principale est quelque peu zigzagante, ainsi que la plupart des chemins de traverses. Comme s’ils hésitaient sur la direction à suivre, ne sachant trop où aller, par cette triste nuit, bercée d’une grisâtre lumière. Ils ne sont pas plats, le cimetierre est à flanc de colline, il y a des trous, des bosses, et de grosses racines qui parfois traversent les petites allées sombres et étroites.
Les tombes, elles aussi mal alignées, érodées et flétries par les ans, la vie et les sombres souvenirs, semblent sortir d’un autre âge, d’une autre époque. Certaines ont l’air aussi vieille que la terre elle-même, toutes ébréchées, cassées, comme si leur occupant avait essayé d’en sortir. La mort a-t-elle toujours l’air si vieille, presque dépassée ? Une étoile filante traverse le ciel, elle ne fait que passer. L’endroit est bien trop sinistre pour seulement oser imaginer s’y arrêter, ne serait-ce qu’un court instant. Elle continue son triste chemin, son inéluctable course effrénée vers la fin de tout, vers la mort. Elle a presque l’air pressé d’y arriver, comme si elle touchait au but en atteignant la fin de l’espace.
Elle est pressée d’y arriver, tout comme moi. Ou, du moins, tout comme je l’étais à l’époque, il y a déjà tant et tant d’années. Il me semble que des siècles se sont écoulé depuis ce jour fatidique. Aujourd’hui, ma tombe, juste là, sous mes yeux hagards qui s’emplissent lentement de larmes, semble elle aussi décrépite et dépassée, tous comme les autres. Combien d’années sont passées? Je ne me rappelle plus, c’est si loin, c’est trop loin…
written by ANDRE Ani
Mes pas me guident
Dans ce parc
Tel un arc
Ma tête est vide
Un enfant joue
Avec sa mère
Pas de mystère
Ils jouent c’est tout
Elle le regarde
Tendrement
Amoureusement
Ils bavardent
Cette tendresse
Dans leurs yeux
Tel un ciel bleu
Est une ivresse
Mes pas me guident
Un enfant joue
Et puis c’est tout.
written by ANDRE Ani
Quand tu n’es pas là
En cours je me noie
Seul parmi le monde
Sensation immonde
Quand tu n’es pas là
Le temps ne passe pas
Mon sourire se glace
La joie perd sa place
Quand tu n’es pas là
En moi rien ne va
Le bruit de l’amphi
Sonne comme un cri
Mais quand tu es là
Assise près de moi
Nous sommes tous les deux
Et le ciel est bleu.
written by ANDRE Ani
Le sang de la terre
Abreuve ma colère
Et mes larmes sèchent
D’avoir trop pleuré
Mais ma tristesse est infinie
Dans la solitude de ma vie
Où l’amour n’est pas né
Et ne naîtra jamais
Je n’connais que la haine
De l’amour, de la vie
Enfin de moi
Tout simplement
Il n’y a que la mort
Qui puisse me libérer
Et enfin me donner
L’envie d’aimer.
written by ANDRE Ani
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